Roland-Garros 2026 - Sans Carlos Alcaraz ni Arthur Fils, c'est le le scénario du pire

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On pouvait rêver à bien des choses pour Roland-Garros. Pourquoi pas une nouvelle finale d'anthologie entre Carlos Alcaraz et Jannik Sinner ? Ou un parcours épique d'Arthur Fils, jeune leader tricolore revenu au premier plan. Mais le Grand Chelem parisien a dû encaisser deux énormes coups durs avec les forfaits du double tenant du titre puis cela, pas plus tard que samedi, du numéro un français.

Arthur Fils et Carlos ALcaraz lors de la finale de Doha, en février. Ils vont manquer ces 15 prochains jours...

Crédit: Getty Images

On a mal pour eux. Pour nous, aussi, un peu. Puis pour Amélie Mauresmo, directrice déplumée. Cette cuvée 2026 n'a pas encore été servie, qu'elle donne déjà l'impression lestée de certitude qu'elle est salement bouchonnée. Un parfum d'infortune précédant le goût aigre des deux prochaines semaines ? Peut-être bien, oui. Roland-Garros va se lancer sans Carlos Alcaraz et sans Arthur Fils. Soit, d'un côté, le champion le plus excitant, le plus charismatique et le plus bankable du tennis mondial. Et de l'autre, le numéro un français, jeune, talentueux, percutant, et dont le retour au premier plan ces trois derniers mois avait de quoi titiller les papilles dans l'optique du rendez-vous de la porte d'Auteuil.
Vraiment, c'est peu dire qu'il faisait envie ce Roland-Garros. Un an après une finale appelée à s'ancrer durablement dans les mémoires et dans l'Histoire, la perspective d'un possible (probable ?) nouveau duel terminal entre Jannik Sinner et Carlos Alcaraz aurait sans doute constitué le fil rouge de la quinzaine. Il faut être deux pour un grand match et pas moins pour une grande rivalité. Celles-ci nourrissent ce sport. Ils écrasent les autres ? Et alors ? Il y a 20 ans, avant que Novak Djokovic ne débarque, Roger Federer et Rafael Nadal occupaient eux aussi la scène sans laisser guère de place aux autres. Le tennis n'avait pas à s’en plaindre.
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"Qu'Alcaraz ne fasse pas Roland-Garros, on veut le voir pendant les dix prochaines années"

Video credit: Eurosport

Le tennis a besoin d'Alcaraz, le tennis français a besoin de Fils

Au-delà de l'impossibilité de ces retrouvailles, le jeu autant que la personnalité de Carlos Alcaraz vont terriblement manquer à un tournoi dont il était, en prime, le double tenant du titre. "Évidemment, c'est un énorme coup dur pour le tournoi de ne pas l'avoir", a estimé vendredi Novak Djokovic, résumant le sentiment général. Quand bien même il n'en est plus actuellement le numéro un mondial, ayant laissé sa place sur le trône à Jannik Sinner le mois dernier, le Murcien est le véritable porte-étendard de son sport. Le tennis a besoin d'Alcaraz. Roland-Garros en avait besoin.
Le forfait d’Arthur Fils, lui, est donc la deuxième lame qui coupe le poil de l'enthousiasme et de l'espoir. Toutes proportions gardées, il est un peu au tennis français ce qu'Alcaraz est au tennis tout court : une tête d'affiche. Parce qu'il est jeune et parce que sa personnalité ne laisse pas indifférent. Son absence pendant plus de six mois l'an dernier avait été durement ressentie. Non seulement en termes de résultats, mais aussi de portée médiatique pour un sport qui demeure dépendant des performances de ses meilleurs joueurs.
Le retour du Fils prodige en février a donc fait un bien considérable, d'autant qu'il a rapidement repris sa place. Une finale à Doha, une demie à Miami, une autre à Madrid, un titre à Barcelone… C'était du costaud. Roland-Garros allait arriver avec un Fils lancé comme un bolide. Il n'y était probablement pas un candidat au titre et, dans un papier que vous ne lirez donc jamais puisqu'il était prévu pour ce lundi, jour de son entrée en lice, nous nous apprêtions à titrer : Fils, le droit d'y croire, le devoir de se calmer.
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"Je ne serai pas surpris de voir une finale Sinner - Djokovic"

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Y a-t-il un ou une Boisson dans la salle ?

Ce n'était, dans notre esprit, ni un désaveu ni un désamour, mais un rappel : le Grand Chelem, c'est autre chose. À notre époque plus encore qu'à n'importe quelle autre, puisqu'il est désormais le seul dépositaire du schéma au meilleur des cinq sets. Plus qu'un autre format, presque un autre sport. Or jusqu'ici, Fils n'y avait encore rien produit ou presque, avec un petit huitième de finale. Cela est dû en partie à sa jeunesse, mais aussi à une forme de fragilité. Tout le monde a l'air de l'oublier, mais ses deux derniers tournois du Grand Chelem, le Français avait abandonné (Australie et Roland-Garros en 2025).
Malgré tout, s'il était urgent d'attendre et jouer la prudence quant à nos espérances, il était aussi on ne peut plus cohérent d'exprimer une certaine impatience à l'idée de le voir à l'œuvre dans cette quinzaine parisienne. S'il devait échouer, et bien soit, qu'il échoue. Mais qu'au moins, on puisse juger sur pièces. C'est raté et c'est une sacrée frustration. La deuxième (la seconde, souhaitons-le) de cette édition décidément bien mal née.
Le Roland-Garros 2026 s'annonce comme un des plus chauds et ensoleillés du siècle. Mais il va se lancer sous des auspices plutôt sombres après ces deux immenses coups de clim'. Et si nous avions eu un peu de temps pour nous préparer à l'absence du maître des lieux, dont le forfait a été annoncé bien en amont, le renoncement de dernière minute d'Arthur Fils a vraiment plombé l'ambiance de ce samedi si festif. À ce tournoi, maintenant, de nous faire mentir et peut-être même, qui sait, de nous faire oublier la charge de ces mauvaises nouvelles. Bon courage, quand même. Pour nous séduire, le voilà condamné à nous surprendre. Y a-t-il un ou une Boisson dans la salle ?
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