Grand Prix du Canada | Un problème urgent à régler : Mercedes, retour à la case départ
Mis à jour 23/05/2026 à 00:56 GMT+2
George Russell et Andrea Kimi Antonelli ont perdu une quantité industrielle de places lors des départs, et en conséquence au cours du premier tour, où ils ont eu un mal fou à mettre leurs F1 W17 en action. Mercedes a mis en alerte ses techniciens, mais le n°1 Andrea Kimi Antonelli a aussi pris sa part de responsabilité. Vérification sur pièce ce samedi lors du sprint, et dimanche à Montréal.
Antonelli, façon Schumacher : "Il aime exercer une pression psychologique"
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Une mainmise sur les quatre premiers Grands Prix de la saison - ce qu'elle n'avait plus réussi depuis 2020 -, en partant à chaque fois de la pole position, deux doublés et ses pilotes tour à tour n°1 mondiaux : on pourrait croire que tout va bien chez Mercedes. Mais dans ce décor statistique rêvé, une ombre plane, témoin d'une imperfection préoccupante : jamais une flèche d'argent n'a réussi à boucler le premier tour en tête. De la position de pointe, George Russell s'est fait voler la vedette par Charles Leclerc (Ferrari) en Australie, de même qu'Andrea Kimi Antonelli a cédé le premier rôle à Lewis Hamilton (Ferrari) en Chine, à Oscar Piastri (McLaren) au Japon et au Monégasque précité à Miami.
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Et encore, si seulement les as de la marque à l'Etoile n'avaient pas la plupart du temps perdu pied dès l'extinction des feux. Russell a cédé au total six places sur l'ensemble des six départs donnés, en comptant les sprints de Shanghai et de Miami. Seuls le mini prix chinois et la course floridienne n'ont pas alimenté ce bilan déficitaire. Qui n'a toutefois rien à voir avec le désastre de son voisin de stand, perdant à tous les coups, et dans les grandes largeurs : pas moins de 21 places lâchées dans la frénésie des premiers hectomètres.
Le coup de gueule de Wolff
Le plus incroyable dans tout ça est que la F1 W13 était un totem d'immunité : le Britannique est revenu pour de bon à la première place à Melbourne, tout comme son comparse bolonais lors des trois meetings suivants.
Mais évidemment, Toto Wolff n'en est pas resté là, à cette pièce retombée du bon côté pour Antonelli au Japon - un arrêt "gratuit" sous voiture de sécurité - et un undercut réussi sur Norris (McLaren) à Miami. "Ce n'est pas bon du tout, a grogné le boss de Brackey. C'est inacceptable si on veut gagner le championnat du monde ! Il faut commencer par un bon départ. Et c'est entièrement de la responsabilité de l'équipe, pas des pilotes. Là, les deux perdent. C'est inacceptable. Nous devons avoir ça sous contrôle. Nous sommes là-dessus depuis trop longtemps."
De quoi s'agit-il ? "On ne leur fournit pas les outils nécessaires, que ce soit pour l'estimation de l'embrayage ou de l'adhérence, précise le manager autrichien. Et on est les seuls, disons, à ne pas maîtriser ces données pour le moment, et ce depuis quelques courses."
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Wolff : "Le plus gros problème est le public italien"
Ces loupés grossiers gâcheraient donc à eux seuls le plaisir de Toto Wolff de revoir ses pilotes en haut des podiums ? Pas exactement. L'Autrichien, qui se vante de ne pas avoir la culture du blâme, de diluer les erreurs individuelles dans le collectif, fait porter là étrangement le chapeau à quelques ingénieurs. Pourquoi donc ? Pour protéger Russell, et surtout Antonelli, dont il ignore la capacité à encaisser tout ce qui lui arrive. "J'espère qu'il va pouvoir gagner pas mal de championnats dans les 10 - 15 prochaines années, confie-t-il. Nous ne voulons pas nous planter avec des attentes énormes vis-à-vis de lui, qu'il trébuche maintenant, accablé par ces immenses attentes, car à la moindre mauvaise course – ce qui arrivera forcément, à la moindre erreur –, on se dira que Kimi n'est peut-être pas la superstar que nous imaginions."
Effectivement, faire face à cette somme d'attentes, être le plus jeune n°1 mondial de l'histoire de la discipline à 19 ans, dans sa deuxième saison parmi l'élite, ce n'est pas donné au premier jeune venu. Il suffit de se rappeler Oscar Piastri (McLaren), qui a fini par exploser en vol l'an dernier, à 24 ans, au bout de 17 meetings au sommet de la hiérarchie, lors de sa troisième année parmi l'élite.
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"Doublée par McLaren, Ferrari est devenue la 3e force du plateau"
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"Je n'ai pas encore cette confiance"
Et après Miami, "Torger" (son vrai prénom), pensait déjà à tout. "Le plus gros problème est le public italien, mettait-il en garde. Maintenant qu'elle n'est pas qualifiée pour la Coupe du monde, ça va tourner autour de Sinner - Antonelli, Sinner - Antonelli. Ce sont les deux superstars…" En empilant un sixième Masters 1000 de suite à Rome, Sinner viendrait donc de remettre la pression sur Antonelli…
Voilà, Toto Wolff a préparé le terrain pour la suite. Sans qu'Andrea Kimi Antonelli ne s'affranchisse d'une auto-critique. "Le niveau de grip au départ du sprint n'était pas celui attendu. Mais je reste inconstant, spécialement au lâché d'embrayage, a admis le Transalpin à Miami." Et d'assumer ses responsabilités aussi le lendemain, en racontant : "Au départ, je ne m'attendais pas à ce que ça freine aussi tôt. J'ai bloqué mes roues et j'ai été un peu chanceux au virage 2. J'ai fait une petite erreur avec la gestion d'énergie en essayant de dépasser. Pour être franc, ce n'était pas aussi mauvais. Je pense avoir perdu deux places, comparé aux six du sprint. Mais ce n'est pas acceptable. Je n'ai pas encore cette confiance, le fait d'être constant. J'ai encore une part d'incertitude. C'est donc un gros point à améliorer."
Ce weekend au Canada, George Russell et Andrea Kimi Antonelli vont se retrouver sur le grill samedi et dimanche, puisque Montréal suit un format sprint. Néanmoins, le Circuit Gilles-Villeneuve offre pour la première fois de la saison un emplacement de pole position à la corde du premier virage (à gaucher), au bout de l'un des runs les plus courts de l'année (186 mètres jusqu'au freinage du n°1). Un petit coup de pouce dont ils doivent profiter.
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