Serie A I Juventus - AC Milan I De l'échec à Manchester aux pleins pouvoirs à Milan : Amorim, l'heure de la revanche
Eurosport sur GoogleRenvoyé de Manchester United en début d'année après des mois de critiques et de tumulte, Ruben Amorim a été nommé à la tête de l'AC Milan au début de l'été. Revanchard, le technicien portugais, à qui les pleins pouvoirs ont été donnés, compte bien redorer son blason. Et celui de son nouveau club, aussi.
Head coach of AC Milan Ruben Amorim arrives at the stadium prior to the Serie A match between AC Milan and Venezia FC at Stadio Giuseppe Meazza on August 28, 2026 in Milan, Italy.
Crédit: Getty Images
On l'avait quitté le visage fermé et le ton décidé lors d'une conférence de presse explosive, qui avait d'ailleurs fini par lui coûter son poste sur le banc de Manchester United. Après un match nul concédé à Leeds (1-1) en janvier dernier, Ruben Amorim, excédé par les nombreuses critiques dont son équipe faisait l'objet, laissait éclater sa colère devant les journalistes.
"Je sais que je ne m'appelle pas Antonio Conte, Thomas Tuchel ou José Mourinho, mais je suis le manager de MU, pas seulement le coach. Cela va durer dix-huit mois (il est sous contrat jusqu'en juin 2027) et ensuite tout le monde passera à autre chose. C'était le deal. Je ne vais pas démissionner. Je ferai mon travail jusqu'à ce qu'un autre vienne me remplacer", affirmait-il alors. Deux jours plus tard, les dirigeants des Red Devils, qui n'avaient pas vraiment apprécié cette sortie, décidaient de le limoger. Merci (ou pas) et au revoir.
Pour Amorim, il a alors fallu encaisser la nouvelle. Et le désaveu, aussi, puisque son aventure à United s'était soldée par un bilan sans appel. En dépit d'une finale de Ligue Europa (perdue face à Tottenham en mai 2025), le technicien portugais, nommé en novembre 2024 pour remplacer Erik ten Hag, avait terminé sa première saison anglaise à la 15e place. Au total, celui qui s'était révélé sur le banc du Sporting CP, avec trois titres de champion décrochés en 2021, 2024 et 2025, n'aura remporté que 24 des 63 matches disputés à la tête des Red Devils. Autant dire que le grand saut vers la Premier League a légèrement tourné au fiasco.
Pleins pouvoirs
Ancien milieu de terrain international portugais (14 sélections), Amorim, que Manchester avait arraché pour une dizaine de millions d'euros à l'époque, soit le montant de sa clause libératoire, a alors pris le temps d'analyser son échec. Pendant plusieurs mois, et une fois la colère passée, il s'est posé pour comprendre ce qui n'avait pas fonctionné. Et à tous les niveaux, aussi bien sur le terrain que dans sa communication. Désireux de rapidement rebondir, le jeune quadragénaire, qui disposait d'une grande cote sur le marché avant son histoire ratée avec United, a vu son vœu exaucé au début de l'été.
En quête d'un entraîneur aux idées novatrices, et après avoir exploré plusieurs autres pistes, l'AC Milan décidait de lui donner les clés de son nouveau projet. Après de multiples entretiens organisés avec le grand patron Gerry Cardinale, fondateur de RedBird Capital Partners, actionnaire majoritaire du club lombard, Amorim signait un contrat à long terme : trois ans assorti d'une année en option. Une belle preuve de confiance pour un entraîneur qui avait pu en perdre un peu ces derniers mois. En coulisses, on lui assurait également qu'il serait la figure de proue du nouveau dessein milanais pour le futur à moyen et long terme. Qu'importe les résultats immédiats. À lui le soutien, les pleins pouvoirs et les grandes décisions. Plus qu'un entraîneur, un manager.
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Ruben Amorim
Crédit: Getty Images
"Il y a des ambitions qui vous accompagnent tout au long de votre carrière et entraîner l'AC Milan a toujours été l'une des miennes, déclarait alors le Portugais, cité dans le communiqué. C'est un défi que je relève avec fierté et enthousiasme."
"Nous suivons Ruben depuis des années. Son parcours au Sporting a été extraordinaire et correspond exactement au style de jeu que nous recherchons. C'est l'un des entraîneurs les plus compétents et innovants de la nouvelle génération européenne : jeune, ambitieux, avec une identité de jeu claire et une approche tactique bien définie, déclarait de son côté Cardinale. Ruben croit en un football offensif et à haute intensité. Sa philosophie correspond parfaitement à notre vision, et ses qualités de leader, associées à sa capacité à faire progresser les joueurs, nous ont profondément impressionnés. Nous croyons en lui et sommes ravis de l'accueillir au club."
Des grosses dépenses sur le mercato
En rupture (euphémisme) avec son prédécesseur Massimiliano Allegri, réputé pour son conservatisme et son pragmatisme, Amorim a rapidement pris ses marques dans la capitale lombarde. Afin de s'y immerger au mieux, il a notamment décidé d'habiter en plein centre-ville. À Milanello, le centre d'entraînement, on décrit quelqu'un d'extrêmement poli, courtois, et toujours disponible pour échanger. Le natif de Lisbonne, qui répète à l'envi avoir été bercé au rythme des exploits du grand Milan, ne souhaite négliger aucun détail. Pas même vestimentaire.
"Vous savez, il y a certaines choses qu’il faut faire, reconnaissait-il cet été à propos de sa manière de s'habiller sur le banc même en match amical, à savoir chemise blanche et pantalon de costume. Je pense avoir un peu ressenti la pression de mon staff, qui m’a dit qu’ici, c’est différent et qu’il faut se présenter différemment. Milan est la capitale de la mode, donc il faut représenter sa ville de la meilleure manière. Et une partie de l’histoire de notre club ne réside pas seulement dans la manière dont tu joues, mais aussi dans la manière dont tu te représentes toi-même et dont tu représentes ta ville. Donc, je m’habillerai comme ça sur le banc."
Avec ses joueurs, traumatisés par la fin de saison dernière, entre une qualification en Ligue des champions manquée et des limogeages en série, Amorim a beaucoup parlé de son projet. Luka Modric, en fin de contrat, a été convaincu de prolonger l'aventure. Adrien Rabiot, un temps annoncé sur le départ, aussi. Avec d'autres, le technicien portugais s'est montré plus dur. Après s'être donné un bon mois cet été pour évaluer toutes les forces en présence, il a montré la sortie à certains gros poissons : Youssouf Fofana (parti au FC Séville), Christopher Nkunku (Leipzig) et Santiago Gimenez (Porto). Le défenseur anglais Fikayo Tomori, lui aussi placé dans le loft, a finalement été réintégré à l'effectif cette semaine. Rafael Leao, accusé de ne pas avoir la "bonne mentalité", a quant à lui été expédié à Galatasaray pour une quarantaine de millions d'euros.
Du côté des arrivées, l'AC Milan a explosé les compteurs pour satisfaire son nouvel entraîneur. Gonçalo Ramos est devenu la recrue la plus chère de l'histoire du club (le montant avoisine les 74 millions d'euros, susceptibles de passer à 90 millions avec les primes), Diego Moreira a signé pour plus de 50 millions d'euros et Mario Gila pour une trentaine. Si l'effectif lombard présente encore des lacunes, Amorim assure être "satisfait" par le travail effectué. "Tout ne peut pas se corriger en un été, il faut du temps", prévenait-il la semaine passée.
Sur le terrain, après une tournée estivale sans la moindre victoire, tout a bien démarré pour les Rossoneri : une victoire convaincante face au Torino (2-1) pour démarrer, une autre un peu moins contre Venise (2-0). "À la fin du match, le sentiment était que nous étions encore loin du niveau nécessaire pour devenir une équipe vraiment très forte. Dans le même temps, j’étais vraiment fier des joueurs, parce qu’ils font preuve de courage et travaillent dur", indiquait l'entraîneur portugais samedi dernier, assurant que son équipe "est encore loin" de celle qu'il imagine. Ce dimanche soir, il va pouvoir la jauger lors du premier gros test de la saison face à la Juventus Turin (20h45). Car après les nombreuses promesses et les grands moyens, Amorim sait mieux que personne que viendra forcément le temps des résultats.
Plus de détails
Juventus Turin
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Milan AC
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