Premier League - Tottenham au point mort
Eurosport sur GoogleMalgré un mercato XXL, Tottenham n'y arrive pas en ce début de saison avec deux revers et un nul en trois matches de Premier League. Les Spurs sont toujours aussi léthargiques. Et Roberto De Zerbi s'en agace ouvertement, quitte à montrer du doigt certains de ses joueurs ou des membres de son staff. Avec l'espoir de provoquer enfin une révolte.
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Cela fait 165 jours que Roberto De Zerbi a pris ses fonctions à Tottenham, 160 jours pendant lesquels les Spurs se sont sauvés d'un souffle (*), ont dépensé plus de 200 millions d'euros net en nouveaux joueurs sur le marché estival, davantage que quelque autre club au monde hormis Liverpool, et n'ont toujours pas marqué le moindre but en 270 minutes de jeu cette saison, ce qui ne leur était pas arrivé depuis 1974-75. Et revoilà les Spurs dans la zone rouge, dont De Zerbi avait eu tant de mal à les faire sortir.
Les supporters de Tottenham ont suffisamment souffert pour ne pas être dupes. Leur succès pas si lointain en Ligue Europa avec Ange Postecoglou avait quelque chose de miraculeux ou, plutôt, d'aberrant, au sens propre, nul n'en est plus conscient qu'eux. Aussi, pour le moment, font-ils le dos rond et se montrent-ils patients. Ils préfèrent réserver leurs critiques pour des dirigeants - dont Vinai Venkatesham, le directeur exécutif qui était passé d'Arsenal aux Spurs (!) en avril 2025 - qui ont recruté à tort et à travers, et trop cher, et qui ont aussi laissé partir des jeunes qui flambent désormais ailleurs.
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Des excuses jusqu'à cet été
Aparté: si vous voulez faire enrager un supporter de Tottenham, mentionnez un nom, celui de Will Lankshear, dit "Lankshearer", 21 ans, international anglais U20, cinq buts en cinq matches de Championship cette saison; vendu cet été à Middlesbrough pour un dixième de ce que les Spurs ont payé pour Mateus Fernandes. Il est vrai que le milieu de terrain de West Ham avait coûté pas loin de cent millions.
Ils savent aussi, mieux que personne, que De Zerbi avait hérité d'une équipe en déroute, affaiblie par les blessures de joueurs-clé (Maddison et Kulusevski en particulier) et déboussolée par les changements d'entraîneur, dont le dernier en date - Igor Tudor - n'avait pas le moindre sens. L'ancien manager de Marseille avait eu le mérite de trouver les ressources nécessaires pour ne perdre que deux des sept matches de championnat qui restaient à disputer à Tottenham, et permettre ainsi à son nouveau club de ne pas sombrer en Championship.
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Tottenham Hotspur head coach Roberto De Zerbi reacts during their Premier League draw with Leeds United
Crédit: Getty Images
Et puis, le… néant
Mission accomplie. On verrait les "vrais" "nouveaux" Spurs à la reprise, quand un manager connu pour la férocité de sa préparation aurait eu le temps de secouer un groupe qui donnait l'impression de ne plus croire en lui-même. La pré-saison avait d'ailleurs été plutôt satisfaisante, encore qu'on puisse douter ce qu'apporta la mini-tournée du club aux Antipodes, organisée trois semaines avant que reprennent les choses sérieuses.
Voilà pour les réserves d'usage. Demeure ce qu'on a encore vu au City Ground ce samedi, qu'on avait aussi vu contre Brentford et Newcastle avant cela: en termes de jeu, le presque-néant. Les absences prolongées de Maddison (qui a repris l'entraînement), Kulusevski et Xavi Simons se traduisent par un déficit de créativité pour lequel De Zerbi n'a pas encore été capable de trouver de compensation, notamment en termes de rythme et d'intensité.
De Zerbi se lâche et fustige ses joueurs…
Il parait loin, le temps où Pep Guardiola parlait du Brighton de De Zerbi comme de la "meilleure équipe du monde dans la construction du jeu", pour "porter le ballon depuis le gardien jusque dans le dernier quart du terrain". A Marseille aussi, malgré une triste fin de règne, le Vélodrome s'était souvent enflammé. Mais à Londres, depuis plus de cinq mois, on attend toujours l'étincelle.
De Zerbi n'est pas homme à cacher sa frustration. La diplomatie n'est pas son fort, la communication non plus, comme l'avait prouvé sa gestion malhabile du "cas" Mason Greenwood à Marseille, dont il s'était excusé auprès des fans des Spurs. Cette fois-ci, ce sont ses propres joueurs et son staff médical qui en ont pris pour leur grade à l'issue du piteux match nul ramené de Nottingham.
Qu'un manager déplore le manque de concentration ou de réussite de ses attaquants après un résultat décevant, passe encore; mais De Zerbi va plus loin. Vous voulez des noms? Les voici. "Nous devons nous améliorer dans le dernier tiers du terrain", dit-il sur Sky Sports. "Nous devons prendre de meilleures décisions [...] Je me souviens de l'occasion où Omar Marmoush tire au but et Robertson dédoublait dans son couloir. Si nous prenons la bonne décision et que nous jouons avec Andy Robertson, alors Kudus se retrouve au second poteau pour marquer". Prends ça, Omar.
L'entraîneur italien était lancé et n'allait pas s'arrêter en si bon chemin. "Combien de centres sont allés au-delà du second poteau?", s'interrogea-t-il. "Deux fois pour Mathys Tel, une fois pour Savio ". La tirade n'était pas finie. "Prenons aussi le ballon de Pedro Porro vers Mateus Fernandes : lorsqu'il a combiné avec Kudus avant le centre pour la tête de Dominic Solanke, Mateus était totalement libre pour se projeter vers l'avant et marquer".
… et son staff
Quand il en eu fini avec ses joueurs, ce fut pour s'en prendre à son staff médical, qui "avait mis la pression pour remplacer Savio et Udogie après soixante minutes". [Les remplaçants] Mohammed Kuddus et Andy Robertson ont très bien joué", concéda-t-il, "mais deux remplacements à ce moment de la partie, ce n'est pas idéal". Ce qui n'est pas idéal non plus, c'est un entraîneur mettant sur la place publique des réflexions qui, d'ordinaire, ne sortent pas du vestiaire; mais c'est ainsi, c'est De Zerbi, avec ses aspérités et son goût pour le combat de front.
Il se peut qu'il se soit exprimé de la sorte par calcul, plus que mû par sa fougue naturelle. Peut-être entend-il faire réagir une équipe dans laquelle on peine à déceler des signes de révolte sur le terrain. Ce Tottenham ne lui ressemble en rien, et cela l'exaspère. Ce Tottenham est au point mort. A quand le démarrage?
(*) Tottenham ne garantit sa survie que lors de la 38ème et dernière journée, grâce à la plus courte des victoires (1-0, but de Joao Palhinha) à domicile sur Everton, qui leur permit de devancer de deux points West Ham, premier relégué.
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