Premier League - Kai Havertz, l'illustration d'une vague de retours en forme et d'une attaque de nouveau excitante à Arsenal
Par Yohann Le Coz
Mis à jour 12/09/2026 à 17:15 GMT+2
Kai Havertz montre une belle forme depuis le début de la saison. Il marque et fait marquer ses coéquipiers, avec qui il a retrouvé une belle relation technique. Comme lui, plusieurs meneurs de l'attaque des Gunners ont retrouvé des sensations après avoir joué la saison dernière sur une jambe. Plus fringants, ils redonnent une dimension excitante à cette équipe qui se déplace à Sunderland samedi.
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Arsenal a fait un pari concernant son attaque. Celui de ne rien changer ou presque et d'espérer que, cette année, dans le jeu comme à l'infirmerie, les planètes vont s'aligner. Après quelques matches déjà, la pièce lancée en l'air semble être tombée du bon côté. Pile, il y avait une nouvelle saison sans numéro 9 défini, ni personne en attaque capable de marquer 15 buts ou plus en Premier League, symbole d'un Arsenal plus pragmatique que divertissant.
Face, il y a finalement Kai Havertz, dont les premières prestations de la saison ont mis à peu près tout le monde d'accord, au cœur d'un secteur offensif où l'Allemand prend visiblement du plaisir et donne envie de voir jouer cette équipe, qui se présentera samedi sur la pelouse de Sunderland pour la 4e journée de Premier League.
Assez pour faire oublier que cet été, la presse envoyait Vinicius sous les ordres de Mikel Arteta et écrivait un des chapitres du feuilleton Julian Alvarez en le liant avec les Gunners. Des signatures qui semblaient indispensables après les départs de Gabriel Jesus à Barcelone, de Gabriel Martinelli à Al-Hilal et Leandro Trossard au Besiktas. Un peu moins désormais. Avec deux buts en trois matches de Premier League, Havertz a déjà fait aussi bien que la saison dernière (14 apparitions en championnat), polluée par une lourde blessure au genou contractée dès la première journée.
La connexion géniale avec Odegaard
Surtout, le joueur dégage quelque chose de différent sur le terrain. Le retour en forme des cadres techniques de l'équipe n'y est probablement pas étranger. Contre Chelsea, lors de la troisième journée, la connexion Havertz-Odegaard a été éblouissante. Le second a trouvé la tête du premier avec un centre bien dosé pour lancer la connexion haut débit au quart d'heure de jeu. Quelques minutes plus tard, l'Allemand a voulu rendre la pareille à son capitaine avec une talonnade à l'aveugle astucieuse au bout d'une contre-attaque, un geste presque trop altruiste.
Et puis les deux hommes sont passés à la fibre. Havertz a déboulé du côté droit, repiqué vers l'axe et contourné la surface. Le milieu de terrain norvégien s'est alors effacé de la trajectoire pour permettre à son attaquant de frapper et égaliser (1-1, 25e). Après quoi, Haavertz, plein axe a feinté de contrôler un bon ballon envoyé par Christos Tzolis - la seule recrue offensive de l'été - pour finalement le laisser passer et mettre Odegaard sur orbite, seul devant Emiliano Martinez (2-1, 50e).
Trois jours plus tard à Naples, pour l'entame de la Ligue des champions, Viktor Gyökeres, cette fois préféré à Havertz, a peiné à se montrer malgré la flopée d'occasions (4,05xG sur l'ensemble du match). Sur un énorme raté de Piero Hincapié en début de seconde période, le Suédois a même semblé plus gêner qu'autre chose. L'ouverture du score est finalement venue d'Odegaard, à la 75e minute. Soit deux minutes après le remplacement de Gyökeres par... Havertz. Ce dernier aurait d'ailleurs dû magnifier son quart d'heure de jeu avec une belle passe décisive si Noni Madueke n'avait pas manqué son face-à-face avec Alex Meret.
Un secteur offensif enfin sur ses deux jambes
Mais Havertz n'est pas un pur buteur. Le résumer à ses statistiques ou ses performances individuelles ne rendrait pas justice à ceux qui l'entourent. C’est un attaquant qui fait jouer avant tout. Et malgré les départs estivaux, il clique très bien avec ceux qui sont restés. Et celui qui est arrivé.
En plus d'Odegaard, ça fonctionne aussi très bien avec le Grec Tzolis, arraché au Club Bruges pour 40M€. L'ailier gauche est un droitier qui aime rentrer dans l'axe, sans pour autant être un grand dribbleur. Plutôt pour y trouver des relais dans le jeu. Un Havertz dos au but ou un Odegaard lancé depuis le milieu de terrain remplissent parfaitement ce rôle, le deuxième but contre Chelsea l’illustre parfaitement.
Haavertz, un joueur ”unique par les zones qu'il peut occuper et par la façon dont il s'associe à tous les joueurs”, selon Arteta, a aussi tendance à pencher du côté droit pour aller chercher des ballons, où il peut enfin faire pleinement jouer sa relation de longue date avec Bukayo Saka et Ben White. La vraie différence se situe peut-être ici. Malgré son titre de champion et sa place de finaliste en C1, Arsenal n'a pu compter sur ses cadres techniques que de manière alternative la saison dernière. Tous ont multiplié les blessures, graves comme minimes. Selon un décompte de The Athletic, Saka n'affichait que le 8e temps de jeu de l'effectif (57,1 % des minutes jouées), Odegaard le 16e (34,7%), Mikel Merino et Havertz le 21e (18,7%). Bien maigre pour des joueurs aussi importants.
"On a manqué des joueurs pendant six mois, cinq mois, Martin, Bukayo... C’est beaucoup de temps. La manière dont on a géré ça la saison dernière a été phénoménale", s'est souvenu Arteta après la victoire contre Chelsea. Pour l'instant, concernant le secteur offensif, l'infirmerie est vide. Espérons que cela reste ainsi pour les Gunners. Et pour ceux qui ont payé leur abonnement pour regarder la Premier League aussi. Car un champion d'Angleterre qui gagne, mais surtout qui joue, domine et marque, c'est mieux.
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