Ligue des Nations I Angleterre - Espagne I Fabian Ruiz (PSG), candidat sans campagne pour le Ballon d'Or
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 26/09/2026 à 15:50 GMT+2
Il ne fait pas de bruit au milieu du concert assourdissant des prétendants au Ballon d’Or. Fabian Ruiz n’a pourtant pas caché qu’il rêvait de remporter la récompense. Il a aussi mis en avant des arguments très crédibles pour l’obtenir. Mais le milieu de l’Espagne n’en est pas à mener une campagne pour autant. Et pas grand-monde, notamment au sein de son club, ne le fait pour lui.
"Quitte à les faire jouer ensemble, il faut tenter de rapprocher Dembélé et Mbappé"
Video credit: Eurosport
Il sort d’une saison exceptionnelle. Dans le sens propre du terme. Fabian Ruiz est un cas unique. Le seul joueur à avoir bouclé le dernier exercice en ayant soulevé les deux trophées les plus convoités : la Ligue des champions, avec le PSG, et la Coupe du monde, avec l’Espagne. Ce combo rêvé par tous les footballeurs suffit à l’élever au rang de candidat pour le Ballon d’Or. Il l’est. Mais de tous les prétendants, il est certainement celui qui fait le moins parler de lui.
Quelque part, ce n’est pas plus mal. Le Ballon d’Or prend une dimension politique toujours plus importante. Convaincre les votants est devenu un véritable exercice pour les joueurs. Surtout quand aucun favori ne se dégage vraiment. C’est le cas cette année. Et la campagne des candidats n’en est que plus assourdissante. Kylian Mbappé a multiplié les interventions dans les médias pour plaider sa cause. Lamine Yamal n’est certainement pas en reste. Ces deux-là n’en finissent plus de vampiriser les médias.
Mais ils ne sont pas les seuls à exploiter ce terrain où chaque partisan élève la voix pour son favori. Comme le Bayern et l'Angleterre pour Harry Kane. Comme les Argentins, à l’image de Diego Simeone, pour Lionel Messi. Comme le PSG, aussi. Le club de la capitale ne compte pas moins de dix représentants parmi les 30 nommés. Militer pour chacun d’entre eux impliquerait le risque de disperser les voix. Alors il a choisi de ne mettre que deux de ses éléments en avant. Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia. Pas Fabian Ruiz.
Le milieu espagnol n’est certainement pas du genre à se formaliser pour ça. Il est bien conscient d’avoir des arguments à faire valoir. Mais de là à les marteler dans les médias, il y a un pas que l’ancien Napolitain ne franchira pas. "Je ne pense pas avoir besoin de le dire moi-même car tout le monde sait les trophées que j’ai remportés cette saison, expliquait-il cette semaine sur Onda Cero. Evidemment, je suis le joueur qui a remporté le plus de trophées, mais je laisse les campagnes aux autres."
"Pourquoi ne pas en rêver ?"
Fabian Ruiz ne va pas se dénaturer pour un Ballon d’Or. C’est tout à son honneur et cela correspond totalement à sa personnalité. Il est discret mais essentiel, en club comme en sélection. L’Espagnol s’est imposé depuis deux ans comme un maillon indispensable dans l’entrejeu du PSG. Sa blessure au genou l’hiver dernier et les quatre moins d’indisponibilité qui ont suivi ne l’ont pas empêché de retrouver son statut de titulaire quand les échéances du printemps sont arrivées. Et de contribuer au nouveau sacre européen des Parisiens, à l’image d’une prestation de haute volée à Munich (1-1).
Le constat n’était pas bien différent durant la Coupe du monde. Il avait pourtant perdu sa place dans le onze de Luis de la Fuente en début de tournoi. Mais quand le niveau s’est élevé, Fabian Ruiz est revenu dans le débat. Titularisé en quart contre la Belgique, il a ouvert le score pour lancer l’Espagne sur la voie du dernier carré (2-1). En demi-finale, il a rayonné, incarnant la supériorité collective de la Roja face à des Français dépassés (2-0). Dans son plus pur style. On ne le voit jamais se déplacer, mais il apparaît toujours au bon endroit. Le Parisien n’est pas invaincu en 50 sélections par hasard.
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Dembélé sous-estimé dans la course au Ballon d'Or ? "Il n'a jamais été l'homme fort de son équipe"
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C’est ce qui le rend indiscutable. Et, au fond, c’est sa plus grande fierté. "Je suis très content de cette saison, de ce que j'ai accompli, affirmait-il cette semaine dans une interview accordée à As. De ce que j'ai réalisé, du sentiment d'être important au PSG, en sélection. C'est important pour un joueur, et surtout pour moi. La vérité, c'est que le Ballon d'Or est un très beau titre, quelque chose que tout joueur rêve de gagner. Je suis heureux qu'on parle de moi, qu'on reconnaisse mon travail. Et puis, je vais essayer de terminer le plus haut possible au classement, et pourquoi ne pas en rêver ?"
"La vérité, c'est que quand on m’en parle, un sourire apparaît toujours sur mon visage, avoue-t-il. Oui, évidemment je ne vais pas vous mentir, tous les joueurs aiment être reconnus pour leur travail, comme dans toutes les professions. Si vous faites bien votre travail et que des personnes extérieures à l'équipe reconnaissent vos performances, que vous avez réalisé une bonne saison, c'est agréable d'être reconnu." Ce Ballon d’Or restera certainement un rêve. Mais Fabian Ruiz n’en fait pas une obsession. Les campagnes, il laisse ça aux autres. Ses équipes gagnent, et ça dit déjà tout de lui.
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