Tour de France Femmes – Dépossédée du maillot jaune la veille de l'arrivée, Niewiadoma enrage contre une manœuvre jugée "enfantine" de Géry et la FDJ

Eurosport sur Google

Kasia Niewiadoma a perdu son paletot jaune à la veille de l'arrivée et accuse 8 secondes de retard sur Vollering. Voilà qui devrait suffire à lui miner la soirée, mais la Polonaise avait d'après elle d'autres raisons de fulminer. Tassée contre les barrières au pied de l'ultime mur par Célia Géry selon ses dires, Niewiadoma a enragé contre la championne de France et sa formation FDJ UNITED – Suez.

L'attaque fatale : comment Vollering a lâché Niewiadoma

Video credit: Eurosport

Ce Tour de France Femmes sème peu de certitudes. Le verdict, si impatiemment attendu, ne portera son écho qu'à l'ultime embouchure ouvrant sur Nice, dimanche, au bout d'une 9e étape qu'on annonce irrespirable. L'écart de niveau entre les grandes – elles ne sont plus que deux, à vrai dire – est si réduit qu'il faut parfois user de manœuvres alambiquées, aux contours louvoyant les belles valeurs de respect et d'équité. C'est en tout cas ce que constate avec écœurement la porteuse dépossédée du maillot jaune, Kasia Niewiadoma-Phinney (CANYON//SRAM), qui n'a pas lambiné pour cracher sa frustration après l'arrivée de la 8e étape remportée par Demi Vollering (FDJ UNITED - Suez).
Gilet fin sur le dos, la lauréate au sommet du Mont Ventoux s'en est prise avec véhémence à la lieutenante de Demi Vollering, la jeune championne de France Célia Géry (20 ans). "Je n'ai pas pu bien me placer au pied de la dernière bosse, parce que Géry m'a tassée volontairement contre les barrières. J'ai dû m'arrêter de pédaler", s'est empressée de persifler la vainqueure de l'épreuve en 2024 à notre micro.

Un geste osé qui est aussi l'apanage du métier

Malheureusement pour la grimpeuse slave, il n'y avait plus grand monde dans le groupe pour la gagne au pied du redoutable mur du Chemin de l'Arieta, épine profonde de 500 mètres à 13%, pour appuyer ses accusations. À voir les FDJ UNITED – Suez s'affoler dès les premiers lacets du final de cette 8e étape, il était évident que chaque centimètre a été analysé, et la moindre stratégie optimisée. 
picture

Chute et agonie sur le vélo : le calvaire de Squiban

Video credit: Eurosport

Sans que la réalisation puisse capter les images du tassement contre les barrières, on peut quand même observer la position étonnante de Célia Géry au pied du dernier talus, calée derrière sa leader et bouchant la vue du maillot jaune. Un geste osé mais loin d'être rare dans ce contexte. L'horizon obstrué, Niewiadoma réagira un poil trop tard et a dû s'infliger une première poursuite le nez à l'air, malgré l'aide partielle d'Elisa Longo Borghini (UAE Team L'IMAD).
Si elles veulent se battre, qu'elles le fassent avec fair-play
Des efforts qui lui manqueront à l'heure de répondre à la seconde sacoche jetée par Demi Vollering, lancée seule dans la descente et assommant pour de bon le duo dans les rues de Nice. Niewiadoma, elle, n'en démord pas. La bataille a été gâchée, le respect balayé. "Si elles veulent se battre (Vollering et la FDJ UNITED – Suez), qu'elles le fassent avec fair-play, rumine d'un ton ferme et agacé Niewiadoma. Me faire ça, c'est tellement enfantin de leur part. Honnêtement, elles ont perdu tout mon respect."
picture

L'étape et le maillot jaune : l'arrivée triomphale de Vollering sur la 8e étape

Video credit: Eurosport

Les reproches, abrasifs, fusent. Témoignages, aussi, d'une tension palpable dans un final de Grande Boucle étouffant. Niewiadoma n'en est pas restée là puisqu'elle est même allée confronter directement Géry, alors en train de répondre à la presse. "Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? Pourquoi m'as-tu poussé vers les barrières, cela faisait-il partie du plan ? Pourquoi ? Elles peuvent aussi me donner des réponses", a fustigé la Polonaise devant une Géry aphone.
De son côté, Vollering a naturellement pris la défense de sa coéquipière, tentant de désamorcer au passage la polémique naissante. "Je n'ai rien vu, a assuré la vainqueure du jour dans des propos recueillis par l'AFP. Je voyais seulement ce qu'il y avait devant moi, c'est-à-dire rien, c'était le noir complet devant mes yeux. C'était probablement pareil pour Célia parce qu'on était au bout de l'effort.Je suis sûre qu'au moment où elle (Célia Géry) s'est écartée, elle n'a probablement pas vu Kasia (Niewiadoma) et qu'elle ne l'a pas fait exprès. Je pense que Kasia sait aussi au fond d'elle que ce genre de choses arrive parfois en course."
Le tableau, sur des braises dansantes, n'est pas encore achevé. Un grand coup de pinceau, le dernier, pourrait une dernière fois redistribuer les rôles. Huit secondes, c'est peu face au programme gargantuesque de ce dimanche. Le terrain offre matière à cuisiner pour tous les esprits, même à ceux les plus hardis.
Niewiadoma devra d'abord changer de combat, refermer ce chapitre frustrant, et rassembler ses ouailles pour l'ultime joute. "On garde le même objectif, se battre pour le maillot jaune. On va devoir discuter avec l'équipe et évaluer quel devra être le plan pour demain." Géry et FDJ l'ont peut-être chahutée, mais il lui reste encore une carte à abattre. Et apparemment, tous les coups sont permis.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article